Affrontiamo brevemente la storia di Mgr Joseph-René Vilatte e della sua successione. È nato il 24 gennaio 1854 da Joseph René Vilatte, un uomo d'affari parigino e da Marie Antoinette Chaurin. Avendo perduto sua madre all'età di tre anni, fu affidato alle cure dei suoi nonni abitanti ad Angers. La sua infanzia si svolse quindi in seno alla dolce provincia angevina dove frequentò con la sua famiglia la Piccola Chiesa, una Chiesa Cattolica indipendente nata a seguito delle conseguenze dolorose del concordato napoleonico. L'influenza di questa frequentazione spiega forse l'inclinazione naturale che ebbe in seguito per una vita religiosa fuori dai sentieri battuti. Nel 1867, suo padre lo mise all'orfanotrofio dei Frati delle Scuole cristiane di Parigi dove fu confermato nella cattedrale di Notre-Dame da Mgr Darboy, Arcivescovo di Parigi, fucilato in occasione degli avvenimenti della Comune nel 1871. Il giovane Vilatte fece poi il servizio militare nella guerra franco-tedesca del 1870. Dopo aver conosciuto gli orrori della Comune, s'imbarcò per il Canada dove fu insegnante ad Hull (Québec, Canada) in una missione (la scuola Sant'Antonio) diretta da Padre Louis Reboul.
La brusca sparizione di costui nel 1877 lo spinse a prepararsi al sacerdozio per continuare l'opera del missionario. Mgr Edouard Fabre di Montréal l'accettò come candidato agli Ordini e seguì gli studi classici di filosofia nel Collegio dei Frati del Sacro Cuore nella città di Saint Laurent, vicino a Montréal. Padre Vanier, uno dei suoi professori, scrisse di lui: “era un uomo piacevole, generoso, pio, rispettoso e aveva un mucchio di amici.”. Fu in quel momento che il giovane religioso fece la conoscenza di Padre Charles Chiniquy (1809-1899), un riformatore precursore dell'ecumenismo moderno che effettuò, secondo i suoi termini: “un passaggio dalla Chiesa di Roma alla Chiesa del Cristo”. Come aveva fatto ad Hull con Padre Reboul, Joseph-René Vilatte lavorò allora come insegnante per la Società franco-canadese (missionario ecumenico) posto questa volta sotto l'egida della Chiesa presbiteriana (comitato francofono d'evange-lizzazione). Operò poi all'Istituto Metodista francese e assistette il Reverendo Moïse Boudreau nella Chiesa-scuola San Giovanni di San Giacinto. Al termine dei suoi studi teologici all'Uni-versità McGill (collegio presbiteriano - 1883), divenne missionario per i Franco-Americani nell' Illinois, a New-York, e nel Wisconsin. A servizio della Chiesa di Green Bay che diresse come pastore interinale, si fece notare per le sue capacità di predicatore e di organizzatore.
Nel 1885, dei cattolici autonomisti, organizzati in comunità indipendenti a Désert, a seguito di controversie col clero locale, domandarono aiuto a Padre Chiniquy che gli mandò Joseph-René Vilatte che M. Edouard de Bekker, presidente del movimento, aveva già incontrato a Green Bay nell'ottobre 1884. La situazione dei cattolici autonomisti di Désert era veramente particolare. Si erano separati da Roma per dichiararsi protestanti evangelici e fare causa comune con la Riforma, ma tenevano alla messa come atto centrale del culto, alla celebrazione dei setti sacramenti e alle loro pratiche di devozione. Padre Chiniquy assegnò quindi Joseph-René Vilatte a Padre Giacinto Loyson che lo raccomandò al vescovo vecchio-cattolico svizzero Mgr Herzog che conosceva bene. Così Mgr Herzog accettò di ordinarlo sacerdote a Berna il 7 giugno 1885.
Le Père Joseph-René Vilatte retourna alors au Wisconsin avec le support des Robillard, une famille canadienne française, et s’installa à Little Sturgeon où il célébra sa première messe le 27 juin. Le 7 juillet 1887, il fonda avec Marcel Pelletier un ordre religieux appelé Society of the Precious Blood. C’est à l’occasion d’une assemblée du clergé et de délégués de cet Ordre à l’église Saint Mary, le 16 novembre 1889, que le Père Joseph-René Villate fut élu évêque. Sa consécration lui vint de l’Eglise Catholique Indépendante du Sri Lanka, de Goa et des Indes par l’entremise du Père Bernard Harding, un prêtre catholique romain qui avait été missionnaire là-bas avant de joindre la Society of the Precious Blood en 1890. Ayant contacté, Mgr Antonio F. X. Alvarez pour lui soumettre le projet, celui-ci fut favorable à la requête mais il dut consulter le Patriarche orthodoxe syrien, Ignatius Peter III, à qui il devait obéissance ainsi que ses collègues, les évêques Malabar syriens des Indes.
Durant l'été 1901 Mgr Joseph-René Vilatte retourna au Canada où il fonda des missions en Ontario (Notre-Dame du Lac, Ile Saint Joseph) et au Québec (Montréal, Comté de Maskinongé). Il reçut l'aide des abbés Claude Reader et Etienne Côté, et de Soeur Marie, religieuse française de l'Ordre de Sainte Marthe (les religieuses de Sainte Marthe avaient refusé les définitions du concile Vatican 1 en 1870). Puis, il partit pour la ville de Québec. Là, il passa du temps avec le Père Gauthier dans le comté de Maskinongé et déménagea son siège épiscopal à Montréal en 1902. Puis, il repartit en France en 1907 pour aider à l’établissement de l’Eglise Gallicane. Il vécut alors à Paris et pratiqua son ministère à l’église de la rue Legendre. De retour en Amérique en 1909, il établit le Conseil de l’Eglise Catholique Américaine, plaçant les juridictions et les groupes qui dépendaient de son ministère épiscopal sous sa surveillance. Parmi ceux-ci se trouvaient des groupes francophones et anglophones, un ordinaire polonais sous l’évêque F. Kanski et un ordinaire italien sous l’évêque Paulo M. Gulotti qui quitta d’ailleurs l’Italie pour le rejoindre à New York. Les lettres patentes furent émises par l’État de l’Illinois en 1915 et les quartiers généraux furent établis sur l’avenue Mulligan Nord à Chicago. Une paroisse dédiée à Notre Dame fut érigée la même année, une paroisse qui offrait les services en français, en anglais et en polonais. Le 7 avril 1907, Carmel Henry Carfora fut consacré évêque par Mgr Joseph-René Vilatte pour représenter le peuple italien. Il consacra ensuite Frederick Lloyd le 29 décembre 1915 pour représenter le peuple anglais. Enfin, il consacra George A. McGuire en septembre 1921 pour représenter les Afro-Américains.
Mgr Joseph-René Vilatte démissionna ensuite du Conseil en 1922 et Mgr Frederick Lloyd lui succéda. De Chicago, il partit pour la France et vécut à Paris trois ans. Le 1er juin 1925, il abjura devant Mgr Ceretti, nonce apostolique à Paris, et une lettre de la nonciature apostolique de Paris signée par Mgr Ceretti attesta tout de suite après la validité de son caractère épiscopal le 6 juillet 1925. Une rente annuelle de vingt-deux mille francs lui aurait été attribuée par Pie XI. Il se retira à l'abbaye cistercienne de Pont-Colbert, non loin de Versailles. Il demeura dans un petit pavillon attenant au couvent, mais possédant une sortie particulière sur la route. Il participa aux offices des moines dans une petite tribune en face du choeur de la chapelle. Il y mourut le 1 juillet 1929 et il fut enterré le jour suivant au cimetière Godard de Versailles avec tous les honneurs et la dignité d’un évêque, l’Abbé Janssens du monastère cistercien ayant ordonné qu’il reposât avec ses vêtements épiscopaux et mitré.