Dom Charles-Rafaël Payeur est né le 31 octobre 1962 à Thetford Mines, un petit village minier de la province de Québec au Canada. Après ses études primaires, il a complété des études secondaires au Séminaire de la Très Sainte Trinité (Saint-Bruno, Qué.) de 1975 à 1980 avant de poursuivre ses études collégiales en sciences de la santé au Collège de Sherbrooke de 1980 à 1982. Il est ensuite entré à l'Université de Sherbrooke pour y faire des études en philosophie et en théologie. Parallèlement, dom Charles-Rafaël Payeur s'est très tôt engagé, dès l'âge de quinze ans, dans une école ésotérique où il a oeuvré en tant que responsable et conférencier international pendant plusieurs années. C'est ainsi qu'il a pu notamment approfondir les enseignements de la théosophie, du rosicrucianisme heindélien et du martinisme, des doctrines qu'il enseigna avec beaucoup de passion à travers des centaines de conférences qu'il présenta sur une multitude de sujets et dans une cinquantaine d'ouvrages spécialisés qu'il rédigea dans le domaine de la spiritualité au cours de cette période. En effet, il a alors écrit de nombreux ouvrages sur différents thèmes touchant l'ésotérisme occidental, il a animé plus de cinq cents émissions de radio et de télévision sur le sujet et il a présenté près de mille conférences dans divers pays francophones.

Dom Charles-Rafaël Payeur avait quitté l'Église dès l'âge de quinze ans, insatisfait des réponses qu'on lui proposait au sujet des grandes questions existentielles qu'il se posait déjà. Il cherchait en outre les bases d'une démarche de croissance psycho-spirituelle permettant de progresser sur un plan psychologique comme spirituel, chose qu'il ne trouva évidemment pas davantage dans les enseignements proposés par sa paroisse. Enfin, il était en quête d'un lieu qui lui aurait permis de vivre une expérience du sacré, une expérience à laquelle il aspirait du plus profond de son être. Or l'Église post-conciliaire du Québec, avec des réformes liturgiques qui allaient déjà trop loin, ne lui offrait pas non plus l'opportunité de vivre cela dans un contexte chrétien. C'est donc pour ces raisons qu'il quitta l'Église et qu'il entreprit des recherches intensives dans diverses écoles initiatiques qui lui apportèrent, du moins momentanément, des réponses qui lui parurent satisfaisantes aux grandes questions qu'il se posait.

Il trouva également divers programmes de formation qui lui ont permis de se familiariser avec des outils de croissance personnelle tout à fait intéressants. Enfin, une rencontre avec un sage Sioux qui l'initia aux pratiques du chamanisme amérindien lui permit de ressentir ce que pouvait représenter une véritable expérience du sacré. Les roues de médecine et les rituels de tentes de sudation l'amenèrent effectivement à approcher une expérience qui allait bien au-delà du simple plan énergétique tel que les milieux ésotériques et ceux du Nouvel-Âge lui proposaient alors.

C'est à l'occasion d'une tournée de conférences européenne qu'il rencontra toutefois un homme qui allait bientôt exercer sur lui une grande influence, un alchimiste de l'Ordre des Frères Aînés de la Rose-Croix qui était également évêque de la branche belge de l'Église Gnostique Apostolique. En effet, cette rencontre lui ouvrit de nombreux horizons sur un plan intellectuel comme religieux puisqu'il reçut progressivement des mains de cet homme les ordres mineurs, le diaconat et le presbytériat, alors qu'il approfondissait le symbolisme des sacrements et les enseignements de l'Église Gnostique Apostolique à propos notamment de la nature du Christ. Il commença dès lors à prendre quelque distance par rapport aux doctrines théosophiques et rosicuciennes qui, sans être dépourvues d'éléments de valeur, lui apparurent de plus en plus opposées, quant au fond, aux enseignements primordiaux de la tradition chrétienne.

Considérant l'intensité de son engagement religieux, son évêque décida bientôt de lui conférer l'épiscopat afin que l'Église à laquelle il appartenait puisse être représentée au Canada. Or ceci s'inscrivait sans doute dans les plans du Seigneur qui avait déjà commencé à ramener son fils vers l'Église qu'il avait quittée à l'âge de quinze ans pour explorer l'univers de l'ésotérisme. En effet, peu de temps après sa consécration épiscopale au sein de cette branche de l'Église Gnostique Apostolique, dom Charles-Rafaël Payeur sentit le besoin de se rapprocher davantage de la foi et de la tradition catholique. De plus en plus mal à l'aise au sein de l'Église Gnostique Apostolique, il fonda même, avec l'autorisation de son évêque consécrateur, la Fraternité Sacerdotale Saint Jean l'Évangéliste: c'était le 27 décembre 1987. C'est alors qu'il adopta définitivement la rituélie catholique romaine antérieure au concile Vatican II et approfondit la théologie et les grands dogmes catholiques, découvrant ainsi plus encore la distance qui existait entre ceux-ci et les traditions ésotériques qu'il avait cru jusqu'alors parfaitement catholiques.

Ainsi, dom Charles-Rafaël Payeur exerça d'abord son ministère au sein d'une Église en marge de la catholicité, mais il approfondit très vite la liturgie catholique traditionnelle et commença à remettre sérieusement en question bon nombre d'affirmations propres aux enseignements ésotériques apparemment chrétiens qu'il avait transmis avec tant d'ardeur, notamment en ce qui concernait la perspective panthéiste à laquelle il avait souscrit et la doctrine de la réincarnation, du moins telle qu'elle fut présentée par Helena Petrovna Blavastky et ses successeurs théosophes, rosicruciens, anthroposophes et martinistes. En effet, il se rapprocha de plus en plus de la doctrine catholique, mais il conserva une approche symbolique à laquelle il s'était longuement familiarisé dans la lecture des textes bibliques et l'interprétation de la rituélie sacramentelle. Dans un souci de se rapprocher encore davantage de l'Église traditionnelle, dom Charles-Rafaël Payeur commença peu à peu à établir des contacts avec une Église catholique dissidente du Brésil dans laquelle il fut finalement incardiné en juillet 1990 après avoir reçu à nouveau les ordres de diacre, de prêtre et d'évêque. La cérémonie eut lieu dans la chapelle cathédrale Saint-Jean l'Évangliste de l'Ordre religieux qu'il avait fondé trois ans auparavant à Stoke (Québec, Canada).

Depuis ce jour, dom Charles-Rafaël Payeur s'efforce d'enseigner les fondements de la tradition catholique et de la foi chrétienne en montrant les incompatibilités fondamentales qui existent entre cette tradition et le discours des écoles ésotériques occidentales contemporaines qu'il connaît d'autant mieux qu'il fut responsable de certaines d'entre elles pendant plus de dix ans et qu'il enseigna leur doctrine tout au cours de cette période. Plus précisément encore, son objectif est maintenant de mieux faire connaître cette grande tradition chrétienne en tant que chemin initiatique fondé sur une expérience centrale, celle de l'amour. Dans cette perspective, il vient de publier deux ouvrages fondamentaux. Aux sources de l'amour est le premier d'entre eux. Il y présente la pédagogie de l'amour telle que développée dans la tradition catholique autour de son dogme fondateur, celui de la Trinité. Il a également publié un recueil d'exposés qu'il a présentés lors d'un pèlerinage en Israël consacré à l'étude des sept miracles du Christ en tant qu'éléments fondamentaux d'une grande démarche initiatique telle que le christianisme la propose. Il s'agit de l'ouvrage Les sept Miracles du Christ, le chemin de l'initiation chrétienne.

Ainsi, il souhaite répondre aux trois attentes, qui étaient déjà les siennes lorsqu'il quitta l'Église à l'âge de quinze ans, en apportant des éléments de réponse à un certain nombre de questions fondamentales à propos de la vie, de la mort ou du problème du mal, en offrant une démarche de croissance psycho-spirituelle bien articulée permettant de vivre concrètement cette grande exigence de la foi chrétienne: " Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. " et en proposant les outils nécessaires pour vivre une véritable expérience du sacré. Dom Charles-Rafaël Payeur se rend donc disponible pour présenter des conférences et pour accompagner des pèlerinages en ce sens. Il est également très intéressé d'expliquer en quoi la tradition chrétienne diffère des discours ésotériques modernes, même de ceux qui se disent " chrétiens ", tout en ne rejetant pas tous les éléments qui s'y trouvent et qui peuvent parfois être des outils d'approfondissement de notre propre tradition spirituelle, ne jetant pas le bébé avec l'eau du bain. Enfin, il est particulièrement engagé dans la promotion de la liturgie catholique traditionnelle dont il explique le symbolisme sacré et le caractère opératoire (énergétique). Il se fait évidemment un devoir, dans cette perspective, de mettre en exergue les conséquences désastreuses des réformes liturgiques qui ont été entreprises par Paul VI à la suite du dernier concile.

Ceci étant, il importe donc de ne pas confondre le conférencier dans le domaine de l'ésotérisme qu'a été Charles-Rafaël Payeur, dans ce qu'il se plaît aujourd'hui à appeler sa " vie antérieure ", avec le travail qu'il propose actuellement pour la découverte du sens profond des Écritures et de l'enseignement catholique traditionnel. Ces années d'enseignement dans des écoles ésotériques lui ont en outre permis de développer un regard plus éclairé sur les grandes aspirations de certains chrétiens que l'Église n'arrive pas à combler. Il y est donc particulièrement sensible et attentif.